La modération, version longue
En janvier, la question revient toujours.
Fais-tu le Dry January?
Un mois sans alcool. Une pause franche après les Fêtes.
On comprend très bien pourquoi. Décembre laisse rarement le corps indifférent. Il a mangé, bu, partagé, parfois un peu trop, souvent avec joie. Pour plusieurs, couper complètement pendant quelques semaines fait énormément de bien. Et chez nous aussi, à VDLV, on est plusieurs à le faire. Sans dogme. Sans annonce. Juste parce que ça fait du bien.
Mais chaque année, en voyant ce mouvement revenir, on se pose aussi d’autres questions.
Est-ce que la seule façon de prendre soin de soi passe par le tout ou rien?
Est-ce vraiment nécessaire de couper entièrement pour retrouver un équilibre?
Ou est-ce qu’on peut imaginer une relation plus nuancée, plus consciente, qui s’inscrit dans la durée?
Ici, on n’a jamais eu de réponse toute faite. Mais on sent que la réflexion mérite d’aller au-delà d’un mois au calendrier.
Boire mieux, toute l’année
Pour nous, la modération n’est pas un projet ponctuel. C’est quelque chose qui se construit dans le temps. Dans l’attention qu’on porte à ce qu’on ingère, jour après jour. Dans la qualité de ce qu’on choisit. Dans le lien qu’on fait entre le vin, la nourriture, le corps… et même l’esprit.
Choisir des vins plus sains, mieux cultivés, moins maquillés, c’est une logique qui ressemble beaucoup à celle qu’on applique à l’alimentation ou au mode de vie. Pas pour être parfaits. Pas pour suivre une règle. Mais pour être cohérents avec ce qu’on cherche à ressentir sur la durée.
Quand le vin est bien fait, quelque chose change naturellement. Le rythme ralentit. Le plaisir s’installe autrement. Et souvent, sans même s’en rendre compte, on boit moins. Pas par effort. Par justesse.
Quatre vins pour illustrer cette idée
1. Campo Piano – Castello di Stefanago
Un pinot grigio vif et aérien, qui fait du bien au palais comme au rythme de janvier. Agrumes, herbes fraîches, une touche minérale et une texture fine grâce à l’élevage sur lies. Un vin précis, vivant, sans lourdeur, parfait pour commencer l’année sans brusquer quoi que ce soit.
2. Analepse - Terres Promises
Un vin de temps long. Ample, vibrant, porté par des notes d’écorce confite, de pierre chaude, de fenouil sauvage et d’herbes sèches. Un orange qui ne se presse pas, qui se suit, qui se garde. Un vin qui rappelle que tout ne se donne pas immédiatement et que le temps fait partie du plaisir.
3. Beaujolais-Leynes Le Clos - Château Lavernette
Un rouge concentré et profond, à la robe sombre, mêlant cerise noire, épices, sous-bois et une pointe de chocolat noir. Les tanins sont puissants mais soyeux, la trame élégante, l’allonge persistante. Un vin qui prend son temps et qui invite à ralentir, verre après verre.
4. San Giovanni Moresco - Antoine-Marie Arena
Un vin lumineux, élégant, porté par la fraîcheur et la finesse d’un cépage corse peu commun. Suave, fruité, éclatant, mais jamais superficiel. Un rouge qu’on choisit pour le moment qu’il mérite, à savourer avec attention.
Au-delà de janvier
Le Dry January peut faire beaucoup de bien.
Couper complètement peut être exactement ce dont on a besoin, parfois.
Mais on aime aussi penser la relation au vin comme quelque chose qui se cultive toute l’année. Avec conscience. Avec curiosité. Et surtout, avec plaisir.
Parce qu’au fond, boire mieux, ce n’est pas renoncer.
C’est choisir différemment.
Et laisser le vin prendre la place qu’on a vraiment envie de lui donner.