Avis important : Dès le 18 janvier 2022, le passeport vaccinal est obligatoire afin de récupérer vos commandes de vin à la SAQ

Culture Club décembre


En cette semaine de commémoration du féminicide que fût la tuerie de Polytechnique, force est de constater que malheureusement, 32 ans plus tard, peu de choses semblent avoir concrètement changé. Avec 18 féminicides à son actif, 2021 restera gravée dans nos mémoires comme une année particulièrement meurtrière. Encore aujourd’hui, le simple fait d’être une femme peut causer la mort. Le langage change peu à peu; on délaisse tranquillement des expressions dangereuses comme “crime passionnel" pour utiliser les mots justes: féminicide ou meurtre. Mais il reste énormément de travail et d’éducation à faire. 


Chez VDLV, nous sommes très fiers de soutenir concrètement le travail acharné de SOS Violence conjugale en remettant une portion de chaque vente de caisse de vins à la cause. Montant que vous pouvez bonifier en ajoutant une contribution personnelle lors de vos achats. Nous nous intéressons également aux enjeux de sexisme et d’inclusion dans notre domaine, qui nous le savons, a longtemps eu la réputation d’être élitiste, fermé aux femmes et carrément discriminatoire.


J’ai récemment fait la lecture d’un essai très intéressant sur le sujet par l’autrice Sandrine Goeyvaerts : Manifeste pour un vin inclusif. À travers ce texte habile, empreint d’humour et appuyé par de nombreuses recherches et données sur le sujet, elle peint un portrait peu flatteur d’un domaine historiquement destiné à être exclusif plutôt qu’inclusif. Sexiste, classiste, raciste, LGBTphobe et validiste, sont les termes qu'elle utilise pour décrire un milieu bâti par des hommes blancs pour des hommes blancs.

Elle entreprend une démarche critique et revendicatrice afin de démocratiser ce si beau milieu qu’est le nôtre. Voici quelques citations pour vous faire réfléchir et sourire à la fois :


“À partir du 17e siècle, pour la bourgeoisie, le critère du goût devient très important: l’homme distingué appréciera les vins fins (...). Un peu plus tardivement, vers le 19e siècle, les vins sucrés sont associés à la gent bourgeoise féminine: voilà peut-être pourquoi on nous colle encore aujourd’hui dans les pattes des machins sirupeux, sous prétexte de notre (mauvais) genre.” p. 11


Il y a encore une vingtaine d’années, certaines femmes étaient “interdites de chai”. Ces sorcières auraient pu faire tourner le vin, rendez-vous compte: comme la mayonnaise, oui, tout à fait!” p. 25


“Dans le monde du vin, il est intéressant de noter l’usage des mots “cuisse”, “jambe” … Le corps féminin est morcelé, donc à la fois passif et disponible." p. 33


“(...) Il est courant de parler de vin “putassier”, ou “de pute”, voire de “trav’” (sous-entendu travesti, bonjour la transphobie); dans l’acceptation générale, cette notion recouvre un vin trop “maquillé”, là encore un attribut vu comme féminin, c’est-à-dire abusant d’artifices pour charmer.” p.35

 


Elle termine son ouvrage avec 10 recommandations pour les professionnels du vin afin de rendre ce monde accessible et moins intimidant. En voici un résumé :

  1. Rassurer : ne pas intimider
  2. Ne pas avoir d’a priori
  3. S’adapter à la personne devant nous
  4. Ne jamais être fendant
  5. Jouer sur les sentiments et les sensations
  6. Bannir certaines expressions : vin féminin et vin masculin
  7. Ne pas supposer que les femmes aiment les vins sucrés
  8. Ne pas oublier le plat : plus souvent qu’autrement le vin est bu à table
  9. Ne pas trop intellectualiser
  10. Raconter des anecdotes et être un passeur d’histoires

Cet ouvrage court et rafraîchissant est publié par Harmonia Mundi livre. 

Bonne lecture et continuez à boire sainement!

*Ce texte est en hommage à une des victimes de la tuerie de Polytechnique, Maud Haviernick, amie de mon père à l’époque. En son honneur, mes parents m’ont donné son nom.

N’oublions jamais.


- Maude Gendron

 

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